“La Meglio gioventu” de Marco Tullio Giordana
6h06 minutes
2003
Il est en de certains films comme de la vie;
ils nous cons(o)(u)mment.
L’intensité des émotions est telle qu’il semblerait que les premiers transcendent la seconde.
“La Meglio gioventu” (Nos meilleures années”) est de ceux-là. Peut-on comparer ce film à une goutte d’eau ? Car il est nécessaire.
Deux instants de grâce jalonnent ce film; deux jeux de regards d’une beauté presqu’insoutenable qu’à moi, les gouttes ont perlé. Quand je dis deux, c’est par extraction, à mon sens, des deux pics émotionnels car “La Meglio gioventu” est en lui-même un état de grâce qui nous absorbe et nous fait devenir “spectacteurs” très intimes de la vie d’une famille italienne.
Passons des émotions à une rationalité sécurisante, nous pouvons également classer “La Meglio gioventu” dans la catégorie des chefs d’oeuvre. Les personnages sont remarquablement interprétés. Le ton est juste. Les geste précis. L’intention claire. Ces personnages sont beaux, leur âme éclairée d’une lumière tamisée. Notons toutefois dans la mise en scène, un je-ne-sais-quoi de la comedial dell arte, du bel art italien de l’usage des mains.
La mise en scène est fine, ciselée. Elle ne transparaît pas dans la construction délicate des relations entre personnages.
De nature réaliste, ce film relate des faits historiques au travers d’une saga familiale. Les trois heures de la première partie se boivent comme du petit lait. L’ambiance, la direction photographique est réaliste. Pas de faux-semblant. Mais la lumière n’est pas crue, ni directionnelle. Elle éclaire, avec douceur.
Et on en sort transfigurés, émus jusqu’à l’os. Sans oublier deux choses: la magnifique musique d’ouverture (“The house of the rising sun”- The Animals) et les beaux yeux de l’acteur Alessio Boni (Matteo).
La suite après ma vision de la seconde partie.
*vulgaire référence de ma part au style wester spaghetti




Son rouge est profond