J’avais envie de vous parler de la vie et de la mort d’un pigeon.
Un pigeon nommé Robert s’en marchait galamment dans les rues du Sud. Sa robe brillait d’un éclat argenté où se mêlaient des reflets rouges.
Il avançait en se dandinant.
Le pigeon était en réalité plutôt cocasse mais rien dans son esprit plumé n’aurait pu lui faire imaginer cela.
Robert se trouvait beau.
Très beau.
D’ailleurs, il roucoulait souvent le soir, en s’adressant des sérénades. Il se regardait dans des flaques, se mirait et gloussait de bonheur à la vue de sa propre splendeur.
Si vous y voyez un quelconque rapprochement avec le pigeon Narcisse, ne vous étonnez pas. Le gaillard est un parent éloigné.
Toujours est il qu’un soir, Robert se baladait dans son quartier, encore tout étourdi à la vue de son portrait, lorsqu’il rencontra un mur.
Robert n’avait jamais vu de mur, et il s’en trouva fort troublé.
Que faisait là ce mur, à une heure pareille ?
C’en était trop pour Robert. Ni une , ni deux, notre oiseau se mit à escalader cet honteux obstacle.
Robert se trouvait en pleine ascension perpendiculaire lorsqu’un bruit suspect l’en fit choir. Qui osait troubler ainsi le splendide piaf ? Robert déploya ses ailes afin d’éblouir le possible ennemi.
S’ensuivirent un bruissement plumé et des gargouillements gutturaux non indentifiés.
Je le trouvai là, gisant sur le sol, le lendemain matin.
Quiconque pourrait m’aider à éclaircir sa triste perte m’en verrait régénérée
Je vous joint la photo de l’énergumène

